Mildiou (plasmopara viticola)

Historique


Maladie d'origine américaine découverte à Coutras en Gironde en 1878, répandue dans la quasi totalité du vignoble mondial. Cette maladie majeure de la vigne longtemps considérée comme un champignon est en réalité une algue (thèse soutenue par des experts depuis 1992).

Symptômes


Tous les organes verts de la vigne sont susceptibles d'être atteint par la maladie. Au printemps : Sur feuilles : tout d'abord une décoloration jaune d'aspect huileux, c'est la "tâche d'huile". Au bout de quelques jours, si les conditions sont favorables (pluies ou rosées importantes) les tâches se couvrent à la face inférieure d'une poussière blanche, ce sont les conidiophores et les conidies. Les feuilles épuisées se nécrosent et se desséchent et finissent par tomber. A l'automne : Sur feuilles : une multitude de tâches polygonales limitées aux petites nervures de couleur jaune à brun rouge forment une sorte de "point de tapisserie" que l'on appelle mildiou mosaïque. Sur grappes : avant la floraison, destruction partielle ou totale des infloresscences qui se desséchent en brunissant. Les pédoncules et les rafles présentent une déformation en S. Les inflorescences, les jeunes baies (sensibles jusqu'au stade 5 mm de diamètre) se recouvrent de fructifications blanchâtres c'est le "Rot gris". Au delà du stade "gros pois", les grains présentent sur leur peau une ou plusieurs tâches brunes, violacées ainsi qu'une zone affaissée en "coup de pouce", il n'y a plus de conidiophores, les tissus brunissent, c'est le "Rot brun". Après la véraison, les baies ne sont plus atteintes.

Biologie


A l'automne, les feuilles attaquées par le mildiou (mosaïque) portent les œufs d'hiver (oospores). Ces œufs résistants au froid hivernaux (-20° - 25°C) sont très dépendants du taux d'humidité. La maturation des oeufs se déroule de mars à mai, et reste essentiellement dépendante des conditions climatiques d'octobre à janvier. Au printemps, les oospores germent lorsque la température dépasse 11°C et donnent naissance à des macroconidies qui, dans l'eau libèrent des zoospores. Ce développement précoce du parasite va conduire aux contaminations primaires. Les zoospores transportées par les éclaboussures dues à la pluie vont contaminer la végétation proche du sol. Le champignon va alors envahir les tissus jusqu'à l'apparition du symptôme "tâche d'huile", c'est la phase d'incubation. Sur la face inférieure des feuilles, les pluies printanières, voire le vent, détachent les conidies, c'est la contamination secondaire. Des contamination successives peuvent avoir lieu après chaque cycle à l'occasion de précipitations favorables.

Sensibilité


Aucune variété de vitis vinifera n'est à l'abri du parasite. Cependant, certaines variétés sont plus ou moins sensibles. Dans les variété de notre régions les plus couramment cultivées (liste non exhaustive) (source Gallet 77) : Trés sensibles : Grenache Cinsault Merlot Mourvédre Moyennement sensibles : Clairette Peu sensibles : Aubun Roussane Syrah Viogner

Condition favorable


Le climat joue un rôle majeur dans le développement du parasite. Les pluies qui déterminent la conservation des oospores, la dissémination des zoospores, la germination des conidies, le vent qui assure la propagation à distance, la chaleur, l'humidité qui rendent la vigne plus poussante donc plus receptive à la maladie. Le sol lui aussi, humide et imperméable joue un rôle important sur la conservation des oeufs d'hiver. Les interventions culturales, la non culture, l'enherbement qui maintient une humidité favorable. Le palissage trop bas en particulier sur les ceps à port retombant. Les fumures azotées excessives, le choix du porte greffe, la taille, les apports de marcs de raisins qui favorisent les semis de pépins. Tous ces facteurs sont autant d'aide au développement de la maladie.

 
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